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ce premier texte souligne et résume quelques unes des idées maîtresses qui constituent l'ossature des enseignements du nagual don juan à l'ethnologue castaneda.

(voir en fin de page une liste de livres en format zip à télécharger de castaneda

        quelques commentaires personnels repérables par l'inclinaison des caractères, sont insérés dans le corps du texte.

sommaire

   

1- premier noyau abstrait : les manifestations de l'esprit

   

2 - deuxième noyau abstrait : le cognement de l'esprit.

   

3 - troisième noyau abstrait : l'Époussetage du lien avec l'esprit.

   

4 - quatrième noyau abstrait : la descente de l'esprit

   

5 - conscience et attention

   

6 - le point d'assemblage

   

7 - la suffisance.

   

8 - les emanations de l'aigle

   

9 - l'art du traqueur

   

10 - l'art du reveur

   

11 - la comtemplation

   

12 - la volonte

 

1- premier noyau abstrait : les manifestations de l'esprit

 

il était une fois un homme, un homme ordinaire, sans caractéristiques particulières. il était, comme tout le monde, une voie de passage vers l'esprit. et, à ce titre, comme tout le monde, il faisait partie de l'esprit, partie de l'abstrait.

mais il ne le savait pas.

le monde l'occupait tellement qu'il n'avait en fait ni le temps, ni l'envie, d'étudier la question.

l'esprit essaya en vain, de lui révéler ce qui les liait. recourant à une voie intérieure, l'esprit dévoila ses secrets, mais l'homme était incapable de comprendre ces révélations. naturellement, il entendait la voix intérieure, croyait que c'était ses propres sentiments qu'il éprouvait et ses propres pensées qu'il avait à l'esprit.

pour le tirer de son assoupissement, l'esprit lui donna trois signes, trois manifestations successives. l'esprit croisa physiquement le chemin de l'homme de la manière la plus visible. mais l'homme n'était conscient que de ses propres affaires.

l'esprit fut contraint d'avoir recours à la ruse à cause du total refus de comprendre dont l'homme faisait preuve.

un nagual est en permanence à l'affût des manifestations de l'esprit. on appelle ces manifestations, des gestes de l'esprit ou, plus simplement, des indications, ou des présages

exemple d'une manifestation de l'esprit :

lorsque le nagual julian découvrit son successeur don juan, l'esprit se manifesta par trois signes :

 

il fit apparaître une petite tornade qui souleva un cône de poussière sur la route, à quelques mètres de l'endroit où don juan était étendu, blessé par une arme à feu.
le second présage fut la pensée qui avait traversé l'esprit du nagual julian, un instant avant qu'il entende la détonation du revolver, à savoir qu'il était temps pour lui d'avoir un apprenti-sorcier
l'esprit envoya un troisième présage lorsque le nagual julian courut pour se cacher et au lieu de cela, se cogna contre le tueur, le mettant en fuite et l'empêchant peut-être de tirer une seconde fois sur don juan. entrer en collision avec quelqu'un était le genre de faute qu'aucun nagual ne devait jamais connaître.

 

lorsqu'un sorcier interprète un présage, il connaît sa signification exacte sans avoir la moindre idée des moyens par lesquels il la connaît.

c'est là un effet ahurissant du lien de communication avec l'intention. le degré de certitude dépend de la force et de la clarté du lien qui est en eux.

tout le monde connaît, sous la forme d'intuition l'activation de notre lien avec l'intention.

les erreurs d'interprétations ne surviennent que lorsque des sentiments personnels interviennent et obscurcissent le lien de communication avec l'intention.

 

l'esprit se révèle à tout le monde avec la même intensité, mais seuls les sorciers sont à l'unisson avec ces révélations.

 

commentaires et réflexions

nous voyons dans ce premier noyau abstrait intervenir dans la vie d'un homme ordinaire, dans un homme non préparé à cela, une force inhabituelle, une force dont il ne perçoit pas le caractère disons "surnaturel". c'est le point de départ d'un chemin initiatique, un chemin que nous pouvons tous prendre, dans la mesure où nous répondons aux indications de l'esprit.

le nagual est celui qui a nettoyé son lien avec l'esprit. il se fait son serviteur et va permettre à l'apprenti de nettoyer lui aussi son lien de communication avec l'esprit.

qu'en est-il de notre situation d'homme ordinaire à qui l'esprit parle et qui ne croise pas sur sa route un nagual pour l'aider à épousseter son lien avec l'esprit ?

et bien nous disposons aujourd'hui de tous les écrits qui relatent cette aventure de castaneda auprès du chaman don juan. c'est une aide appréciable qui jointe aux nécessités de l'époque peuvent permettre à l'homme ordinaire de bonne volonté d'avancer sur ce chemin d'initiation. et puis les aides sont nombreuses au-delà de ce que nous nommons la mort.

deux autres interrogations, peuvent naître à la lecture de ce texte :

 

s'en remettre à une volonté supérieure pour décider de l'orientation de notre vie correspond-il à une démarche épanouissante et vraiment spirituelle ?
comment savoir si notre interprétation des présages, des signes n'est pas faussée par notre vouloir personnel ?

 

la deuxième interrogation suppose que nous avons répondu affirmativement à la première. 

il est un temps pour chaque chose. l'un pour développer son individualité, sa volonté personnelle, l'autre pour les abandonner afin de s'ouvrir à une autre dimension. il y a alors transfert du centre de gravité de la conscience, des centres de la personnalité, -qui deviennent serviteurs- aux centres qui contactent notre Âme et notre esprit.

 

2 - deuxième noyau abstrait : le cognement de l'esprit.

le premier noyau, les manifestations de l'esprit, est l'édifice que bâtit l'intention et qu'elle place devant un sorcier, l'invitant à y pénétrer. c'est l'édifice de l'intention vu par un sorcier.

le cognement de l'esprit est le même édifice vu par un débutant qui est invité, ou plutôt forcé, à y pénétrer.

l'histoire dit que l'esprit, après s'être manifesté à l'homme dont nous avons parlé et n'avoir reçu aucune réponse, a tendu un piège à cet homme.

il va sans dire que l'homme ne comprit rien de ce que l'esprit avait à lui révéler. en fait ces révélations allaient à rebours de tout ce que l'homme connaissait, de tout ce qu'il était. cet homme refusa, bien sûr, immédiatement et carrément d'avoir en quoique ce soit affaire avec l'esprit.

le nagual peut servir de conduit à l'esprit seulement après que celui-ci ait manifesté sa volonté, soit de façon presque imperceptible, soit par des ordres catégoriques, selon la personnalité des apprentis. un nagual ne peut donc pas choisir ses apprentis de sa propre volonté, selon ses affinités. une fois que la volonté de l'esprit s'est manifesté, le nagual n'épargne aucun effort pour la satisfaire.

l'apprenti est quelqu'un qui s'efforce de clarifier et de ranimer son lien avec l'esprit. une fois que le lien revit, il n'est plus un apprenti, mais jusque-là pour avancer, il a besoin d'une résolution féroce, ce qui, évidemment lui manque. alors il permet au nagual de lui procurer la résolution, et pour ce faire, il doit renoncer à son individualité.

 

la manifestation et le cognement de l'esprit sont la même situation, mais perçue de deux points de vue différents : celui du nagual et celui de l'apprenti

 

- troisième noyau abstrait : l'Époussetage du lien avec l'esprit.

on l'appelle aussi la ruse de l'esprit, ou se traquer soi-même. l'histoire dit qu'après avoir cogné en vain à la porte de l'homme, l'esprit utilisa le seul moyen possible : la ruse. si l'esprit voulait produire un effet sur cet homme, il devait l'enjôler. l'esprit commença donc à initier l'homme aux mystères de la sorcellerie.

l'esprit fit permuter constamment de niveaux de consciences l'homme, pour lui montrer comment économiser l'énergie nécessaire pour renforcer son lien de communication.

pour épousseter le lien qui unit l'apprenti à l'intention, le nagual lui apprend l'art du traqueur qui se compose de quatre parties :

 

 

l'implacabilité qui ne doit pas être de la dureté.

 

la ruse qui ne doit pas être de la cruauté.

 

la patience qui ne doit pas être de la négligence.

 

la gentillesse qui ne doit pas être de la sottise.

 

et le nagual enseigne tout cela par l'attitude même qu'il adopte avec son apprenti. au début l'apprenti subit l'enseignement, puis progressivement, grâce à l'enseignement qu'il reçoit dans ses deux états de conscience, il comprend la nécessité de vivre comme un guerrier, de se traquer lui-même pour déplacer son point d'assemblage.
commentaires et réflexions

le texte indique clairement que le nagual est interchangeable avec l'esprit. il est un corps habité, dirigé par lui. c'est un point important de l'enseignement qui permet de surmonter l'impression de "manipulation" qui se dégage à la lecture de ce passage.

la responsabilité de choisir un apprenti est du ressort de l'esprit, pas de la personnalité. comme c'est cette dernière qui peut rechercher le pouvoir, la domination sur les autres, le risque de ce travers disparaît et en place il ne reste plus qu'un immense appel d'amour de l'esprit, un amour sans faille, accompli par un serviteur (la personnalité du nagual) agissant impeccablement.

 

4 - quatrième noyau abstrait : la descente de l'esprit

le quatrième noyau abstrait est un acte de révélation. l'esprit se révèle à nous. les sorciers décrivent ce phénomène en disant que l'esprit se tient en embuscade, puis descend sur nous qui sommes sa proie. la descente de l'esprit est toujours voilée. elle se produit et pourtant semble ne s'être pas produite du tout.

le quatrième noyau abstrait intervient quand l'esprit brise les chaînes de notre auto contemplation. quand l'esprit est descendu, un retour en arrière n'est plus possible.

une fois que nos chaînes sont brisées, nous ne sommes plus ligotés par les préoccupations du monde de tous les jours. nous nous trouvons toujours dans ce monde là, mais nous y sommes étrangers. pour en faire partie, nous devrions partager les préoccupations des gens, et sans chaînes, nous ne le pouvons pas.

ce qui caractérise les gens ordinaires, c'est le fait d'avoir en commun un poignard métaphorique, à savoir les préoccupations de l'auto contemplation. nous nous blessons avec ce poignard et nous saignons ; et la fonction de nos chaînes d'auto contemplation est de nous donner le sentiment que nous saignons ensemble, que nous partageons une chose merveilleuse : notre humanité. mais en étudiant ce phénomène, on découvrirait que nous saignons seuls ; que nous ne partageons rien ; que nous jouons avec notre image irréelle, maniable, fabriquée par l'homme.

 

en ce qui concerne son lien avec l'intention de l'esprit, un guerrier passe par 4 étapes :

 

 la première est celle où son lien avec l'intention est rouillé, indigne de     confiance.

 

  la seconde étape est celle où il parvient à le nettoyer.

 

  la troisième est celle où il apprend à la manipuler

 

  et la quatrième est celle où il apprend à accepter les desseins de l'esprit

 

5 - conscience et attention

 

les émanations de l'aigle.

les anciens voyants, en prenant des risques follement dangereux, virent véritablement la force indicible qui est la source de tous les êtres sensibles.

ils l'appelèrent l'aigle car, dans les rares et brèves visions qu'ils purent soutenir, ils virent cette force sous une forme qui ressemblait à celle d'un aigle noir et blanc, d'une dimension infinie.

ils virent que c'est l'aigle qui donne la conscience. l'aigle crée les êtres sensibles afin qu'ils vivent et enrichissent la conscience qu'il leur donne en même temps que la vie. ils virent aussi que c'est l'aigle qui dévore cette conscience enrichie après avoir fait en sorte que les êtres sensibles s'en dessaisissent au moment de leur mort.

l'aigle est aussi réel pour les voyants que le sont la gravité et le temps, et il est aussi abstrait et incompréhensible.

connu, inconnu et inconnaissable sont formés par les émanations de l'aigle. seule une petite partie de ces émanations se trouve accessible à la conscience humaine, et cette petite partie se trouve encore réduite, par les contraintes de notre vie quotidienne, à une minuscule fraction. cette minuscule fraction des émanations de l'aigle forme le connu. la petite partie accessible à la conscience humaine re présente l'inconnu, et le reste, qui est incalculable, recouvre l'inconnaissable.

 

l'attention.

les voyants disent qu'il existe trois types d'attention. il ne s'agit pas seulement de trois types d'attention, il s'agit plutôt de trois niveaux d'achèvement :

 

la première attention chez l'homme, est la conscience animale qui, à travers le processus de l'expérience, est devenue une faculté complexe, compliquée et extrêmement fragile, qui prend en charge l'univers quotidien dans ses innombrables aspects. la première attention consomme toute la lueur de conscience dont disposent les êtres humains sans qu'il reste la moindre parcelle d'énergie. le guerrier s'il souhaite avoir accès à l'inconnu doit économiser l'énergie.

 

l'attention seconde, constitue un état plus complexe et plus spécialisé de la lueur de la conscience. elle est liée à l'inconnu. la concentration nécessaire pour être conscient du fait que l'on est en tarin de faire un rêve est le signe avant-coureur de l'attention seconde. l'attention seconde est aussi appelée la conscience du côté gauche ; il s'agit du domaine le plus vaste que l'on puisse imaginer, si vaste en réalité qu'il semble illimité.

 

on accède à la tierce attention quand la lueur de la conscience devient le feu intérieur. accéder à ce niveau de conscience tout en conservant sa force vitale, sans devenir une conscience désincarnée qui se dirige comme un tremblement lumineux vers le bec de l'aigle pour y être dévoré est le but ultime du guerrier.

 

 

voilà l'accomplissement suprême pour les êtres humains

 

commentaires et réflexions.

dans cet enseignement découvert et organisé par des générations de voyants nés en amérique du sud, il est tout à fait possible de trouver des rapprochements avec des enseignements méditerranéens. l'existence d'une seconde attention n'apparaît elle pas en filigrane dans les évangiles où il est dit à bien des reprise que l'homme doit s'éveiller et où il semble que des permutations de niveaux de conscience jalonne la suite des écrits ?

et cette mort que le chaman  transcende en passant dans la tierce attention n'a-t-elle pas des affinités avec le christ ressuscitant des morts ?

le connu est notre tombeau, il nous confine dans un minuscule univers qui se rétracte au fur et à mesure que les chances d 'ouverture diminuent avec l'âge.

l'inconnu est lié à la seconde attention ; c'est l'esprit d'aventure, la quête du saint graal initialisée par l'intention de l'esprit.

le plus étrange dans cette histoire des niveaux de conscience est la difficulté de se remémorer ce que nous avons vécu en état de seconde attention, lorsque nous sommes de retour dans l'attention ordinaire. si bien que nous pouvons recevoir un enseignement à l'insu de notre conscience de tous les jours, notamment pendant le sommeil et n'en garder que de très faibles souvenirs.

 

 

6 - le point d'assemblage

 

pour un voyant l'homme apparaît comme un oeuf lumineux. pour voir l'homme ainsi il est nécessaire de stopper son dialogue intérieur.

a l'intérieur de l'œuf sont emprisonnées les émanations de l'aigle. ce qui fait que nous percevons le monde tel qu'il est, vient de notre faculté d'assembler les émanations de l'aigle qui sont en liberté, avec celles qui sont à l'intérieur de notre cocon lumineux en forme d'œuf.

l'endroit, dans la grande bande organique où se produit cet assemblage qui détermine la perception , s'appelle le point d'assemblage.

d'ordinaire ce point d'assemblage est établi en un point stable appelé "lieu de la raison"? sous l'impact d'un choc, dont l'origine peut être voulu par l'esprit, ou par un nagual, ce qui revient au même puisque le nagual est le canal de l'esprit, le point d'assemblage peut se déplacer.

 

 

tout l'art d'un sorcier est de maîtriser le déplacement du point d'assemblage

nos changements d'humeur témoignent d'un mouvement léger du point d'assemblage. de plus grands déplacements correspondent à des modifications beaucoup plus importantes de notre perception. le point d'assemblage peut se déplacer vers la gauche ou la droite, vers le haut ou le bas, en surface ou en profondeur.

la fièvre, la faim, la fatigue, la peur, servent à déplacer ce point. mais les sorciers préfèrent utiliser deux autres moyens qui sont :

   

l'art de traquer et

 

l'art de rêver

 

 

l'art de traquer consiste entre autres, à adopter un comportement insolite, qui bouscule nos habitudes.

 

l'art de rêver, consiste à contrôler le déplacement naturel du point d'assemblage pendant que nous rêvons. l'énergie qui permet ce contrôle vient de l'énergie sexuelle. un rêveur s'abstient, non pour des questions morales mais à des fins énergétiques, d'user de sa force sexuelle.

l a suffisance
 

la suffisance est la force essentielle qui maintient fixé le point d'assemblage. quand la suffisance est limitée, l'énergie qu'elle mobilise n'est plus dépensée. cette énergie joue alors le rôle d'un tremplin qui projette le point d'assemblage, automatiquement et sans préméditation, dans un voyage inimaginable.

l 'impeccabilité
 

l'impeccabilité est l'attitude qui consiste à agir en utilisant au mieux nos énergies, à ne pas gaspiller notre potentiel dans le piège de l'auto contemplation.

 

l'homme a, plus que jamais aujourd'hui, besoin d'apprendre de nouvelles idées concernant exclusivement son monde intérieur, des idées de sorciers, non pas des idées sociales, des idées qui se rapportent à l'homme en face de l'inconnu ; il a besoin d'apprendre les secrets du point d'assemblage.

 

commentaires et réflexions

il est sans doute possible ici d'établir un pont entre cette notion de "point d'assemblage" et ce que nous nommons dans le langage astrologique "le point ascendant" ce dernier en effet est marqué par la lueur de l'aube, car c'est en ce lieu que le soleil se lève, et il assemble avec son compère le descendant la face nocturne et diurne de la sphère locale,  c'est à dire la terre et le ciel, soit les émanations emprisonnées dans le corps-lumière de la terre et les émanations en liberté dans le cosmos.

sur un plan plus collectif, ce point d'assemblage trouve aussi sa correspondance astrologique, dans le point vernal qui assemble l'écliptique et l'équateur soit le soleil et la terre. autrefois, selon les visions chamaniques, le point d'assemblage de l'humanité ne se trouvait pas sur le lieu de la raison, mais sur celui de la connaissance silencieuse. ce déplacement du point d'assemblage trouve peut être ses correspondances astrales dans le mouvement de précession des équinoxes ?

 

 

7 - la suffisance.

la suffisance est notre plus grand ennemi.

ce qui nous affaiblit, c'est de nous sentir offensé par les actes, les paroles et les méfaits de nos semblables. notre suffisance nous contraint à passer la plus grande partie de notre vie à être offensé par quelqu'un.

tout doit être mis en oeuvre pour extirper la suffisance de la vie des guerriers.

la suffisance n'est pas une chose simple et naïve. elle se trouve à la fois au cœur de tout ce qui est bon et au cœur de tout ce qui est mauvais en nous. c'est l'activité de notre psychisme qui consomme la plus grande quantité d'énergie. or, pour avancer sur le chemin de la connaissance, le guerrier a besoin de cette énergie. l'un des premiers soucis des guerriers est de libérer cette énergie pour affronter l'inconnu.

les petits tyrans

pour cette libération le guerrier a besoin :

 

de contrôle

 

de discipline

 

d'endurance

 

du sens du minutage

 

du vouloir

 

et surtout d'un petit tyran

 

le petit tyran est l'élément extérieur du processus. le guerrier a beaucoup de chance lorsqu'il trouve sur son chemin un bon tyran.

celui-ci va lui permettre de mettre en œuvre le meilleur de lui-même. là où un homme ordinaire réagirait par la haine, la médisance, la colère, le guerrier cultive son impeccabilité. il sait que la situation qui lui est offerte est une chance inestimable pour dépasser sa petitesse.

rien ne peut mieux tremper l'âme d'un guerrier, que le défi qui consiste à traiter avec des gens impossibles qui se trouvent en position de pouvoir. seules de telles conditions peuvent faire acquérir aux guerriers la modération et la sérénité nécessaire pour supporter le poids de l'inconnaissable.

quiconque se met sur le même plan que le petit tyran est vaincu. agir en colère, sans contrôle, ni discipline, n'avoir pas d'endurance, c'est être vaincu.

le contrôle, la discipline et l'endurance sont à l'image d'un barrage derrière lequel tout est accumulé. le sens du minutage est la porte du barrage.

 

commentaires et réflexions.

un peu maso le chemin du guerrier pourrait-on penser ! en général la présence d'une personne tyrannique dans notre entourage ne nous transporte pas de joie. nous y voyons surtout un obstacle à notre bien être et rien de positif ne semble pouvoir sortir de telles créatures.

l'enseignement du nagual don juan nous invite à prendre cette situation désagréable d'une autre manière, d'un autre point de vue : c'est une chance énorme pour notre transformation de trouver sur notre route un bon tyran. grâce à lui nous pourrons rapidement nous dépouiller de notre suffisance; (lire à ce sujet dans le feu du dedans, le passage ou don juan encore apprenti est confronté à son tyran de patron)

 

8 - les emanations de l'aigle

les émanations de l'aigle sont groupés en faisceaux appelés grandes bandes d'émanations. sur terre il n'y a que 48 de ces bandes. pour le voyant il existe 48 types différents d'organisation sur terre, 48 types de faisceaux ou de structures.

la vie organique constitue l'un d'entre eux. chaque bande se présente comme des filaments lumineux, infiniment large, sur lesquels des bulles se forment.

sept bandes donnent naissance à des bulles de conscience non-organique. quarante bandes engendrent des bulles dépourvues de conscience. se sont des bandes qui ne produisent que de l'organisation.

les grands bandes (48) sont comme des arbres. toutes sont porteuses de fruits (les bulles), elles produisent des contenants remplis d'émanation.

seuls, huit de ces arbres portent des fruits comestibles, c'est à dire des bulles de perception :

 

sept d'entre eux portent des fruits aigres, mais néanmoins comestibles.

 

un seul porte le fruit le plus juteux, le plus succulent qui soit (selon le point de vue de l'aigle)

 

l'aigle donne la conscience par l'intermédiaire de trois gerbes géantes d'émanations qui traversent les huit grandes bandes de conscience.

ces trois gerbes avec toutes leurs nuances s'entrecroisent sur les huit bandes.

dans la bande organique :

 

la gerbe rose est pour l'essentiel propre aux plantes

 

la gerbe pèche est pour l'essentiel propre aux insectes

 

la gerbe ambre est pour l'essentiel propre aux hommes et animaux

les êtres non-organiques engendrés par les 7 bandes se caractérisent par un contenat dépourvu de mouvement : ils sont des réceptacles informes, avec un degré très bas de luminosité.

la seule similitude entre les êtres organiques et non-organiques (les alliés), réside dans le fait qu'ils contiennent tous les sortes d'émanations qui donnent la conscience, ce qui peut permettre une communication des plus fascinantes  entre les êtres de ces huit bandes d'émanations de l'aigle.

les 40 autres bandes n'engendrent aucune conscience, mais une configuration d'énergie inanimée. tout ce que ces bandes engendrent s'appelle "vaisseaux". se sont des réceptacles rigides qui contiennent des émanations, sans être des champs de conscience composés d'énergie.

 

 

le monde qu'assemble notre point d'assemblage pour notre perception normale, est formé de deux bandes : l'une est la bande organique, l'autre une bande qui ne comporte qu'une structure, mais pas de conscience.

les 46 autres grandes bandes d'émanations ne font pas parties du monde que nous percevons en temps normal.

 

9 - l'art du traqueur

les grands principes de l'art du traqueur
 

le premier principe de l'art du traqueur, c'est que le guerrier ne se lance jamais dans un combat sans connaître les lieux.

 

écarter tout ce qui n'est pas nécessaire est le deuxième principe de l'art du tarqueur

 

mettre en jeu librement sa vie, être prêt à mourir à chaque instant, engager sa vie sur une décision constituent le troisième principe

 

la quatrième principe stipule que le guerrier doit savoir se détendre, se laisser-aller, ne rien craindre. c'est seulement à cette condition que les pouvoirs qui nous guident ouvriront la porte et nous aideront.

 

quand il est placé devant de situations qu'il ne peut résoudre, le guerrier bat en retraite pendant un instant, il laisse son esprit serpenter, il occupe son temps à autre chose. tout peut convenir.

 

sixième principe : le guerrier comprime le temps ; le moindre instant compte. dans une bataille pour la vie, une seconde est une éternité, une éternité qui peut décider de l'issue. le guerrier a pour objectif la victoire, donc il comprime le temps. il ne perd pas un seul instant.

 

septième et dernier principe : un traqueur ne se présente jamais de front.

 

caisse, récapitulation, respiration.

la tâche de la récapitulation consiste à se re-souvenir de sa vie jusqu'au détail le plus signifiant. la caisse est l'instrument nécessaire pour cette récapitulation. l'apprenti traqueur y est placé dedans. grâce à elle, il apprendra la concentration, la caisse réduit la zone de stimulation autour du corps.

c'est aussi un symbole : celui des limites étroites de notre personne. la caisse est brisée lorsque la récapitulation est terminée, signifiant que l'apprenti n'est plus enfermé dans les limitations de sa personne.

si les traqueurs doivent récapituler leur vie d'une façon aussi complète, c'est parce que le don de l'aigle à l'homme inclut la volonté d'accepter un substitut à la place d'une conscience réelle. a condition que ce substitut en soit une réplique parfaite. la conscience est la nourriture de l'aigle, mais l'aigle peut, au lieu de la conscience se contenter d'une "récapitulation parfaite"

principes fondamentaux de la récapitulation
 

première phase : rappel bref de tous les incidents de notre vie, qi se détachent d'eux-mêmes pou s'offrir à notre examen.

 

deuxième phase : souvenirs plus détaillés de l'instant présent à la naissance.

 

élément clef : la respiration. le traqueur enquête d son re-souvenir, pose le menton sur l'épaule droite et inspire lentement en déplaçant la tête sur un arc de 180°. l'inspiration se termine sur l'épaule gauche : il expire en sens inverse.

 

- pendant l'inspiration, il revit les sentiments d'un évènement particulier, et rattrape ainsi l'énergie de ces sentiments.

 

- pendant l'expiration, le traqueur expulse les sentiments laissés en lui par les sentiments d'autrui impliqués dans l'évènement dont il se souvient.

 

la respiration est magique, parce que c'est la fonction qui donne la vie. la respiration est purificatrice.

tant que le traqueur n'a pas fait ce travail de récupérer les sentiments qu'il a laissés dans le monde, et tant qu'il n'a pas expulsé ceux que les autres ont laissés en lui, il n'a aucune chance d'avancer dans son art, d'exercer la folie contrôlée.

en pratiquant leur art, les traqueurs apprennent à ne jamais se prendre au sérieux, ils savent rire d'eux-mêmes. ils n'ont pas peur de passer pour des idiots. ils apprennent à avoir une patience infinie, et une capacité d'improvisation remarquable.

la tâche de récapitulation peut durer des années.

 

10 - l'art du reveur

 

rêver, dans l'enseignement de don juan est différent de ce que nous appelons rêver. l'acte de rêver commence par un état d'illumination unique, auquel on parvient en aprenant à concentrer le résidu de conscience que l'on conserve dans le sommeil sur les éléments ou le scarcatériqtiques de son rêve.

ce résidu de conscience s'appelle : l'attention seconde.

l'attention  seconde entre en jeu, ou est harnaché si l'on parvient à stopper son dialogue intérieur.

 

pour l'homme, l'attention nécessaire pour rêver prend racine dans la zone du bout du sternum, au creux de l'estomac, mais l'énergie nécessaire pour se déplacer et aller de l'avant dans le rêve, prend racine dans une autre zone, à 3 ou4 centimètres au-dessous du nombril. cette énergie s'appelle vouloir, ou faculté de choisir, de rassembler.

 

chez une femme, l'attention et l'énergie pour le rêve ont toutes les deux leur origine dans la matrice. la femme pour se mettre à rêver place son attention sur la matrice.

 

positions du corps pour rêver
 

pour la femme : assise, jambes croisées, puis laisser le corps tomber de lui-même une fois l'attention placée dans le rêve.

 

pour l'homme : assis sur une natte mince et douce, avec la plante des pieds l'une contre l'autre et les cuisses appuyées contre la natte, le front se penchant en avant sur les pieds au moment du rêve.

 

le moment de rêver

le soir tard, ou les premières heures du matin constituent les meilleurs moments. il faut rechercher les meilleurs moments de solitude et d'absence de perturbation. la perturbation est liée à l'attention des gens, non à leur présence physique. on peut éviter l'attention des gens lorsqu'ils dorment.

le corps de rêve

la première attention, l'attention qui fait le monde, ne peut jamais être complètement dominée. on ne peut que la couper pendant un instant et la remplacer par l'attention seconde, pourvu, bien entendu, que le corps en ait emmagasiner suffisamment.

rêver, st naturellement un moyen d'emmagasiner l'attention seconde. au commencement, l'attention seconde doit être forcée à se poser sur un élément du rêve. par exemple, don juan avait demandé à castaneda de trouver ses mains en rêve.

dans le rêve, il faut utiliser le ^même mécanisme d'attention que dans la vie quotidienne : notre première attention avait appris à se concentrer sur les éléments du monde avec beaucoup de force, pour pouvoir transformer le domaine informe et chaotique de la perception en monde ordonné de la conscience. notre attention seconde doit apprendre aussi à se concentrer sur les éléments du rêve.

le corps de rêve s'acquiert en rêvant. après un long entraînement le rêveur devient capable d'utiliser son corps de rêve dans la réalité du monde quotidien. il peut ainsi voyager dans l'espace.

castaneda témoigne longuement de ses expériences de rêves à deux, qu'il effectue avec la gorda. partant de lieux géographiques différents, ils font du rêve et se retrouvent, s'accrochent, vivant des expériences identiques qu'ils peuvent ensuite se raconter dans leur état de veille ordinaire.

 

 

l'attention est ce qui fait le monde

 

11 - la comtemplation

 

technique et progression :
la position du corps est importante :
 

assis sur le sol, sur un matelas doux de feuilles, ou sur un coussin fait de fibres naturelles.

 

le dos accoté à un arbre, à une souche, ou un rocher plat.

 

le corps parfaitement détendu.

 

les yeux ne se fixent jamais sur l'objet, pour éviter toute fatigue.

la contemplation consiste à balayer très lentement l'objet contemplé, en allant en sens inverse des aiguilles d'une montre, mais sans remuer la tête.

 

Évolution des objets contemplés :
 

on regarde d'abord une feuille sèche sur le sol pendant des heures. puis on observe un tas de feuilles sèches dispersées par un geste de la main gauche. l'entraînement peut durer des années. contempler est le moyen de piéger notre attention seconde. en contemplant, les pensées se taisent ; sans pensée l'attention du tonal diminue, et soudain l'attention seconde s'accroche aux feuilles et les feuilles deviennent quelque chose d'autre. le moment où l'attention seconde s'accroche à quelque chose s'appelle "arrêter le monde". il vaut mieux avoir quelqu'un à côté, lorsque l'on contemple, car on ne sait jamais ce qui peut naître de l'attention seconde.

 

contemplation de petites plantes (une seule sorte). elles ont un pouvoir très concentré, une lumière très intense ; elles sentent quand les rêveurs sont entrain de contempler ; elles déplacent aussitôt leur lumière et la lancent cintre le contemplateur.

 

contemplation des arbres (une seule sorte, celle qui nous correspond)

 

contemplation des créatures vivantes en mouvement : les petits insectes sont les meilleurs sujets ; leur mobilité les rend inoffensif au contemplateur, à l'inverse des plantes qui tirent leur lumière directement de la terre.

 

contemplation des rochers. les rochers ont une lumière verdâtre, par contraste avec celle des plantes, blanches, et avec la lumière jaunâtre des êtres vivants mobiles. les rochers ne s'ouvrent pas facilement aux contemplateurs, mais cela vaut la peine d'insister parce que les rochers ont des secrets spéciaux dissimulés au plus profond d'eux-mêmes.

 

vient ensuite la contemplation des phénomènes cycliques : pluie et brouillard. en focalisant l'attention seconde sur la pluie, on peut se déplacer avec elle, ou l'utiliser comme un verre grossissant, capable de révéler des caractéristiques cachées. c'est en contemplant à travers la pluie, que l'on découvre des endroits de pouvoir, ou des endroits à éviter : les endroits de pouvoir sont jaunâtres, les endroits à éviter sont d'un vert intense. le brouillard ne se soumet pas facilement aux femmes. on se sert du brouillard pour révéler les fantômes des choses qui ne sont plus là.

 

contemplation du lointain et des nuages. pour se déplacer sur de grandes distances. la contemplation des orages et dangereuses pour qui n'a pas perdu sa forme humaine.

 

la contemplation du feu, de la fumée et de l'ombre. pour un contemplateur le feu n'est pas lumineux, mais noir, comme la fumée. les ombres en revanche sont brillantes, elles recèlent couleurs et mouvements.

 

la contemplation des étoiles et de l'eau, pour ceux qui ont perdu leur forme humaine. l'eau est utilisée pour rassemebler l'attention seconde, et la transporter partout où nécessaire aller. une rivière rassemble l'attention seconde et l'entraîne ; il n'y a aucun moyen d'arrêter.

 

les moments de la journée
 

tôt le matin

 

les arbres et rochers sont raides et de lumière faible.

 

les ombres ne disent pas grand chose, c'est le moment où elles se reposent.

 

vers 6 heures du matin les ombrent se réveillent

 

vers midi

  contempler arbres et rochers permet de leur emprunter lumière et pouvoir
 

tard dans l'après-midi et en début de soirée

les arbres et les rochers sont silencieux et tristes, surout les arbres. les arbres donnent la sensation de contempler à leur tour le contemplateur.
vers 5 heures de l'après-midi les ombre sont au mieux, pleinement éveillées.

 

 

 

la difficulté de la contemplation c'est d'apprendre à faire taire les pensées.

le seul moyen d'arrêter le monde est d'essayer.

contempler c'est entrer dans l'objet observé.

l'attention seconde est sauvage, non éduquée, nous nous abritons d'elle, derrière notre éternel dialogue intérieur.

 

 

12 - la volonte

la volonté est une chose très particulière. elle surgit de façon mystérieuse. on ne peut pas expliquer comment quelqu'un s'en sert, tout ce qu'on peut dire c'est que les effets de la volonté sont stupéfiants. en premier lieu, il faut savoir que l'on peut développer sa volonté.

- qu'est-ce exactement que la volonté ? est-ce la détermination, celle que l'on peut avoir pour réaliser un désir ?

- non, cela n' arien à voir avec la volonté. la volonté c'est autre chose, quelque chose de très clair et d'extrêmement puissant qui peut diriger nos actions. la volonté c'est, par exemple, ce qu'un homme utilise pour gagner une bataille qu'il aurait du normalement perdre.

- donc la volonté doit être ce que nous appelons le courage ?

- non. le courage c'sts autre chose. les hommes de courage sont des hommes de foi, des hommes nobles. on fait cercle autour d'eux, on les admire. et pourtant très peu d'hommes de courage ont de la volonté.

- la volonté est-elle la maîtrise que nous pourrions avoir sur nous-mêmes ?

- tu peux dire que c'est un genre de maîtrise.

- pensez-vous que je puise exercer ma volonté en m'abstenant de certaines choses ?

- telles que poser des questions ? répondit-il. non, s'abstenir, c'est encore être indulgent et je nete conseillerais rien de tel. s'abstenir c'est bien souvent la pire des complaisance car cela nous force à croire que nous faisons de grandes choses, alors qu'en réalité nous sommes complètement ancrés en nous-mêmes.

en nous il y a une trouée, un peu comme la fontanelle sur la tête des enfants qui se referme avec l'âge, cette trouée s'ouvre au fur et à mesure que l'on développe sa volonté.

- où est cette trouée ?

- a l'endroit où sont tes fibres lumineuses, dit-il en pointant le doigt sur son ventre. c'est une ouverture qui crée un espace permettant à la volonté de s'élancer au dehors comme une flêche.

- la volonté est-elle un objet ?

- non. j'ai seulement dit cela pour que tu comprennes. ce qu'un sorcier appelle volonté est une force en nous. ce n'est pas une pensée, ni un objet, ji un souhait. cesser de poser des quetsions ce n'est pas de la volonté, car cela exige de penser et de souhaiter. la volonté, c'est ce qui te permet de vaincre alors même que tes pensées te déclarent vaincu.

la volonté c'est ce qui te rend invulnérable. la volonté c'est ce qui envoie un sorcier à tarvers un mur, à travers l'espace, dans la lune s'il le désire.

un jour, j'étais dans les montagnes, je tombais sur un puma, une femelle enceinte et affamée. je courus et elle courut à mes trousses. je grimpais sur un rocher et elle s'arrêta à quelques pas de moi, prête à bondir. je lui jetai des pierres. elle gronda et s'apprêta à charger. ce fut à ce moment précis que ma volonté se manifesta, et de ma volonté je l'arrêtai avant qu'elle n'ait sauté sur moi. avec ma volonté je la caressai, et je m'en servis même pour lui frictionner les mamelles. elle me regarda avec de gros yeux langoureux et se coucha. et je m'enfuis comme un dératé sans lui laisser le temps de se raviser.

 

la volonté n'est pas une idée.

le guerrier attend sa volonté.

la volonté c'est une force qui vient de l'intérieur de nous-mêmes, et qui va se greffer sur le monde en dehors de nous.

 

la sorcellerie est un oiseau magique et mystérieux qui s'est arrêté un moment dans son vol, pour donner à l'homme de l'espoir et un but. les sorciers vivant sous l'aile de cet oiseau, qu'ils appellent l'oiseau de la sagesse, l'oiseau de la liberté et qu'ils nourrissent de leur dévouement et de leur impeccabilité.

avec notre bavardage intérieur nous maintenons le monde, nous le renouvelons, nous lui insufflons la vie. nous répétons toujours les mêmes choix jusqu'au jour où nous mourrons, cela parce que nous continuons toujours à répéter le même bavardage intérieur. un guerrier est conscient de cela et il s'efforce de mettre fin à son dialogue intérieur. le monde est comme ceci, ou comme cela, parce que nous disons qu'il est ainsi. si nous cessons de nous dire que le monde est çà, le monde cessera d'être comme çà.

perdre sa propre importance.

les corbeaux en vol et croassant sont des messages ; juste avnt que castaneda devienne d'une humeur massacrante un tel message eut lieu :

- tu te prends trop au sérieux, lui dit don juan, tu es sacrément trop important. aussi longtemps que tu croiras que tu es le plus important des choses de ce monde, tu ne pourras pas réellement apprécier le monde qui t'entoure. tu seras comme un cheval avec des œillères. tu ne verras que toi séparé de tout le reste. comment peut-on se sentir tellement important, lorsqu l'on sait que la mort nous traque. demande à la mort de te conseiller.

la mort. une amie à castaneda était atteinte d'une maladie mortelle. don juan lui dit :

- tu peux la guérir et la faire sortir de ce piège de mort.

- comment ?

- tout ce que tu as à faire, c'est de lui rappeler qu'elle est une malade incurable. comme elle en es au stade final, elle a du pouvoir. elle n'a plus rien à perdre. elle a déjà tout perdu.

quand on a rien à perdre on devient courageux. nous sommes timides uniquement lorsqu'il nous reste quelque chose à quoi nous raccrocher.

en suite il faut qu'elle repousse sa maladie avec la main gauche, elle doit pousser son bras vers l'extérieur, devant elle, avec la main crispée, comme si elle tenait un bouton de porte. elle doit pousser et continuer de pousser en disant : dehors, dehors, dehors.

comme il ne lui reste rien d'autre à faire, elle doit consacrer chaque seconde de sa vie qu'il lui reste à exécuter ce mouvement.

 

commentaires et réflexions

l'histoire ne dit pas si cette femme  a pratiqué cette technique et si elle a guéri, mais l'approche de don juan est très révélatrice de ses objectifs. ici, en europe, nous chercherions à accompagner cette personne, à lui permettre d'exprimer ces peurs, ces interrogations, l'aider à se réconcilier avec la vie, avec son entourage, avec elle-même, pour finalement lui permettre de partir le plus sereinement possible.

ici l'approche est totalement différente. la proximité de la mort devient un moment idéal pour vivre en guerrier. surtout ne pas s'apitoyer sur soi-même, et lorsque don juan invite castaneda à rappeler sans cesse à son amie qu'elle est une malade incurable, nous percevons de la cruauté, de l'inhumanité, alors que don juan voit cela comme une aide à la guérison.

 

 

les alliés. ceux qui ne sont pas des gens.

les alliés sont des forces, ni bonnes, ni mauvaises, qu'un sorcier apprend à harnacher. lorsque l'on voit, les gens ont l'apparence d'œufs lumineux. les alliés eux, restent tels que les yeux ordinaires les voient.

les alliés peuvent prendre des formes différents : chiens, coyotes, oiseaux, ou même broussailles roulées par le vent. parmi les êtres humains il y a des quantités d'alliés, mais nous ne nous en rendons pas compte. le sorcier qui voit, observe dans la foule des gens, des formes qui ont l'apparence d'une personne, mais n'ont pas d'œufs lumineux.

 

bibliographie

 

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